Lundi 6 octobre. Nous nous rendons comme prevu à la place du marché publique, il est neuf heures. Le marché est sympatique mais n'est en rien comparable aux precedents que nous avons frequenté. Nous repartons tout même avec quelques legumes frais.
Nous retraversons la ville en empruntant cette fois ci le sentier qui passe par la citadelle qui domine la ville. L'ascension par le long escalier taillė dans la pierre est hardue, la vue au sommet des fortifications est inspirante, la descente dans un sineux sentier pavé de galets est bucolique. Presque personne sur ce parcours. Tous empruntent la voie balisėe avec le logo officiel du "Camino" le nom du sentier pour les initiés. Tous passent devant les commerces de souvenirs, les restaurants, les hotels, les patisseries. Nous aussi allons dans une patisserie prendre un croissant et un café. .. en compagnie d'un pelerin reconnaisable a son lourd sac a dos et ses bottes de randonnées.
Nous quittons Saint-Jean-Pied-de-Port pour nous enfoncer dans l'arriere pays de montagnes, direction Saint-Engrace pour aller faire une randonnée qui doit nous conduire à la gorge de Kakuetta.
Nous venons de quitter Saint-Jean et nous nous dirigeons vers un chemin de montagnes. Un automobiliste que l'on croisse flash ses lumieres. Non ce n'est pas Jean Marc Parent, c'est un Français qui veut me mettre en garde concernant la difficulté extrême de la route vers ou je m'engage. Il l'a parcouru avec un camping-car il y a quelques années et ce fut toute une epreuve. Il n'en faut pas plus pour me stimuler mais avec prudence je m'arrete a la mairie pour m'informer si la route est praticable avec le genre d'équipement que je conduis. La reponse est oui sauf que. .. Sauf que si je rencontre un autre vehicule il est impossible de croisser. Un des deux doit reculer. La route est difficile mais c'est la plus belle me dit - on.
Est-ce que je vous laisse deviner quelle route j'ai choisi?
Vous avez raison, c'est pas necessaire, on le sait bien.
La route monte...monte...monte...la largeur des roues du vehicule. Côté conducteur la muraille de pierre taillėe dans la montagne, côté Pauline la falaise, nous atteignerons mille quatre vingt deux metres d ' altitude. Vue d'en bas c'est sûrement haut mais vu d'en haut d'une fenetre de passager d'un camping-car c'est creux pas a peu près.
Nous croiserons quelques vehicules, des manoeuvres pas trop risquėes seront accomplis. Nous croiserons un troupeau de mouton. Nous leur avons laissé la priorité.
Essoufflés et contents nous nous arretons dans un charmant village une fois la traversé completée. Il est temps du repas du midi. Assiette du terroir pour Pauline, assiette de boudin noir, saucisses, lard grillés pour moi. Si on est encore en vie apres notre traversé c'est que rien ne peut nous tuer.
Les gorges de Kakuetta, notre destination sont une longue tranchée etroites de pres de 3,5 kilometres ou coule une rivière alimentée par une chute qui sort literallement du milieu d'une falaise pour se jeter au fonds du gouffre formant une chute des plus spectaculaire. Le site est aussi complete par un important reseau de cavernes.
Les falaises de part et d'autre de la riviere renderait impossible la progression vers la cascade si ce n'était des installations de randonnées qui y sont aménagées. Un long tunnel creusé dans le roc, des ponts qui franchissent le gouffre, de longues passerelles fixėes au flanc des falaises et des passages sculptés a meme la falaise. L'environnement humide et frais favorise une végétation de mousses et de lichens luxuriants. La cascade est spectaculaire, je me glisse derriere le temps d'une photo.
Apres deux heures trente de randonnée nous decidons de reprendre la route pour se rapprocher de notre prochaine destination, Lourdes.
Je ne croyais pas que l'itinéraire projeté me ramènerait sur des routes etroites et sinueuses. C'est sur un chemin d'une exploitation forestière, quand même pavé, que nous parcourerons vingt cinq kilometres de courbes, de montės, de descentes eprouvantes.
Nous sommes bien content lorsque vers dix neuf heure nous nous immobilisons a Arudy. Il nous reste qu'une trentaine de kilometres pour joindre Lourdes demain. Je crois.bien que j'aurai quelques remerciements a y faire...